Continuité écologique des cours d’eau

Restauration de la continuité écologique

Les travaux de restauration de la continuité écologique des cours d’eau ont pour objectifs de permettre la circulation des poissons migrateurs(saumons, truites, anguilles, aloses, etc.) jusqu’à leurs zones de reproduction ou de croissance, et de permettre l’évacuation des sédiments de l’amont vers l’aval des cours d’eau.

De nombreux obstacles à la continuité ont été inventoriés sur les bassins versants de l’Elorn, de la Rivière de Daoulas et du Camfrout : chutes d’eau en aval de buses, ponts routiers, seuils naturels ou artificiels en travers des cours d’eau, etc.

Des petits aménagements permettent de rendre franchissables la plupart de ces obstacles en rehaussant la hauteur d’eau en aval ou dans l’obstacle.

D’autres petits ouvrages, qui n’ont plus d’usage, sont démantelés.

Les obstacles les plus importants font l’objet d’aménagements spécifiques : rivière de contournement, passe à poissons ou encore remise du cours d’eau dans son lit d’origine.

Travaux sur les gros obstacles

En 2010, 4 importants ouvrages, interrompant la continuité écologique des cours d’eau, ont été retenus comme ouvrages à aménager en priorité suite à l’élaboration de la Loi Grenelle 1 de l’Environnement du 3 août 2009 :

  • Le tunnel de la Zone du Fromeur – Moulin du Can sur le Quillivaron à la limite des communes de Landivisiau et de Lampaul-Guimiliau
  • Le site de l’ancienne prise d’eau potable de Penguilly, au droit du le Moulin de Penguilly, sur le Penguilly à Bodilis
  • L’étang de la Faïencerie sur le Lohan à Daoulas
  • Le seuil de la station de mesure des débits de Pont Mel sur la Mignonne à la limite des communes de St Urbain et d’Irvillac.

En 2011, le Syndicat de Bassin de l’Elorn a fait réaliser une étude pour définir les aménagements les plus durables de ces ouvrages :

  • réalisation d’un bras de contournement de l’aval du tunnel du Quillivaron avec création d’une passe à poissons,
  • recréation d’une portion de cours d’eau à la place de l’étang et de l’ancienne prise d’eau potable de Penguilly,
  • ouverture des vannes de l’étang de la Faïencerie de la fin de l’été à la fin du printemps.

Les travaux de restauration de la continuité écologique du Quillivaron et du Penguilly ont été réalisés en 2014 et 2015 alors que le protocole de gestion des vannes de l’étang de la Faïencerie a été mis en place dès 2012.

D’autres importants obstacles ont été identifiés sur les bassins versants de l’Elorn, de la Rivière de Daoulas et du Camfrout : notamment sur le Stain (Milin Kerroc’h, Moulin de Quistinit et Moulin de Kerouat), le Quillivaron (Moulin de Lezarazien), le Kergoff (St Jacob), le Creac’h balbe (Pont pren), le Lezuzan (Moulin de Lezuzan et échangeur de la RN165) et la Dour kamm (Moulin de Keravel).

Des travaux ont été réalisés sur le Stain en amont du Moulin de Quistinit et le Kergoff en aval de la route du stand de tir en 2015 et 2016 :

  • creusement d’un bras de reconnexion du Stain à son lit d’origine au niveau de Tromelin
  • création de bassins successifs en aval de l’ouvrage routier sur le Kergoff

Restauration de la continuité écologique du Penguilly au droit du Moulin de Penguilly (Bodilis)

Les travaux de restauration de la continuité écologique du Penguilly au droit du Moulin de Penguilly ont été réalisés sous maîtrise d’ouvrage du Syndicat de Bassin de l’Elorn entre août 2014 et juillet 2015.

Pourquoi ces travaux ?
Lors de la construction de la prise d’eau potable de Penguilly et de son étang de réserve dans les années 1960, le cours d’eau a été dévié en quasi-totalité dans le bief du Moulin de Penguilly qui se termine par 2 importantes chutes d’eau, totalement infranchissables par les poissons migrateurs. De plus, la prise d’eau potable a été construite dans le lit majeur du ruisseau qui a été comblé sur 120 mètres de long.

Penguilly : plan avant travaux
Penguilly : chute d'eau du moulin
Penguilly : ancien étang
Penguilly : portion busée du cours d'eau

L’objectif des travaux était donc de remettre le cours d’eau dans son lit d’origine, pour permettre la circulation des poissons migrateurs et une bonne évacuation des sédiments vers l’aval, tout en respectant le droit d’eau du Moulin de Penguilly.

Travaux réalisés :
Les travaux ont consisté à :

  • vider et combler partiellement l’étang de réserve de l’ancienne prise d’eau potable pour y recréer une portion de cours d’eau
  • démonter le moine de vidange de l’étang et ouvrir la digue
  • démanteler les ouvrages de l’ancienne prise d’eau potable : conduites souterraines, pompe, vanne, etc.
  • recréer une portion de cours d’eau entre l’étang et l’ancienne prise d’eau potable
  • élargir le cours d’eau existant en aval
  • ensemencer et planter les berges du cours d’eau recréé pour assurer leur stabilité dans le temps
  • installer un répartiteur des débits, sur l’amont du site, entre le cours d’eau recréé et le bief du Moulin de Penguilly ; répartiteur respectant à la fois le débit réservé du ruisseau et le droit d’eau du moulin
  • installer 2 passerelles pour maintenir la continuité du sentier de randonnée traversant le site, et pour pouvoir accéder au répartiteur des débits
  • installer un pont-cadre pour pouvoir accéder à une prairie en aval

Au final, 350 m de cours d’eau ont été renaturés, redonnant ainsi au site son caractère naturel d’antan.

Penguilly : ancien étang
Penguilly : cours d'eau recréé
Penguilly : répartiteur des débits

Restauration de la continuité écologique du Stain à Tromelin (Sizun)

Entre Tromelin et le Moulin de Quistinit, le Stain passait en totalité par le bief du moulin qui se termine par chutes d’eau infranchissables par les poissons migrateurs et dans lequel les sédiments ont tendance à s’accumuler.

Le cours d’eau avait été dévié dans le bief il y a 50 à 100 ans lors du comblement d’une partie de son lit d’origine dans une prairie à Tromelin. Cependant, le lit d’origine du ruisseau subsistait en aval de cette prairie.

Les travaux ont donc consisté à remettre le Stain dans son lit d’origine entre Tromelin et le Moulin de Quistinit, soit sur 1 km de long, en creusant un bras de reconnexion entre le bief du moulin et le lit d’origine du ruisseau au niveau de Tromelin.

Un répartiteur des débits a, également, été construit entre le bief et le cours d’eau recréé. Ce répartiteur privilégie le cours d’eau par rapport au bief tout en respectant le droit d’eau du moulin et le débit réservé du ruisseau.

Stain : bras de reconnexion
Stain : répartiteur des débits
Stain : lit d'origine remis en eau

Afin de permettre l’exploitation des prairies de part et d’autre du bras de reconnexion, un pont agricole a été construit au-dessus de celui-ci. Enfin, un ancien pont agricole a été rehaussé en amont du site des travaux pour améliorer l’écoulement des eaux en période de crues.